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Myki

Le FBI veut une écoute complète sur internet

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Les exigences du FBI pour renforcer les écoutes sur réseaux IP

Par Declan Mc Cullagh et Ben Charny

CNET News.com

Mercredi 17 mars 2004

 

Messageries instantanées, téléphone sur IP, et même les terminaux de jeux en ligne comme la Xbox: le FBI veut considérablement augmenter ses capacités d'écoute sur tous les services de communication vocale disponibles par internet.

 

WASHINGTON – Le bureau fédéral d'investigation (FBI) des États-Unis a demandé à la FCC (Federal Communications Commission), organe de régulation des communications, d’imposer aux fournisseurs d'accès et de services internet (y compris DSL et câble) de revoir les configurations de leurs réseaux. Des modifications censées faciliter leur mise sur écoute, et les mettre en conformité avec la loi sur les écoutes téléphoniques qui date de 1994.

 

Ces exigences, rendues publiques vendredi 13 mars, visent à donner à la police fédérale un accès direct à tous types de communications basées sur le protocole internet (lire en anglais "Feds seek wiretap access via VoIP", CNET News.com, 08/01/04). Sont concernés les opérateurs DSL et par câble, mais aussi les systèmes de messagerie instantanée, de programmes de voix sur IP (VoIP), et même le service de jeu Xbox Live de Microsoft.

 

Si elle était appliquée, cette proposition décuplerait les pouvoirs du FBI en matière de mise sur écoute. Par ailleurs, cela se traduirait par une hausse des coûts pour les opérateurs de services haut débit, et compliquerait le développement de leurs produits.

 

Des portes dérobées au service de la police

 

Selon les experts juridiques consultés, le document du FBI (85 pages) est ambiguë. Son interprétation pourrait conduire à imposer aux sociétés de créer des portes dérobées dans leurs produits et services. L’introduction de nouveaux services ne prévoyant pas de porte dérobée pour la police pourrait être hors-la-loi, les sociétés ayant alors quinze mois pour se mettre en conformité.

 

«L’importance et l’urgence de cette tâche ne peuvent être exagérées», affirme la proposition du FBI (*). «Les organismes chargés d’appliquer la loi au niveau local, étatique et fédéral ne peuvent aujourd’hui plus assurer correctement leur mission cruciale de surveillance électronique.» Proposition soutenue activement par son ministère de tutelle (le DOJ, ministère de la Justice) ainsi que la Drug Enforcement Administration (DEA), la brigade fédérale de lutte contre le trafic de stupéfiants.

 

La demande de la police fédérale survient pratiquement un an après que les représentants de la section "technologies de surveillance électronique" du FBI ont abordé la FCC. Car ils estiment que des groupes terroristes pourraient déjouer les écoutes légitimes en passant des appels téléphoniques via internet.

 

«L’enjeu est phénoménal et coûtera très cher pour internet et le déploiement de nouvelles technologies», a prévenu Stewart Baker, représentant du lobby des fournisseurs internet, au sein de la firme juridique Steptoe & Johnson. «Les autorités d’application de la loi ne plaisantent pas en la matière. C'est un sujet sensible. Ils peuvent vous relater des histoires auxquelles ils croient mordicus, selon lesquelles ils n’ont pas eu accès aux communications et où les écoutes se sont soldées par un échec.»

 

À noter que c'est Steptoe & Johnson qui publie ce document de travail du FBI, un moyen de pression pour les intérêts des FAI américains qu'il défend.

 

Tous les services sur IP traités comme de la téléphonie

 

Selon Bill McCloskey, porte-parole de l'opérateur télécoms Bellsouth, la demande du FBI obligerait, pour la première fois, les cablô-opérateurs qui vendent de l'internet à haut débit à passer sous l’empire de la loi américaine Calea (Communications Assistance for Law Enforcement Act) de 1994 sur les écoutes judiciaires et administratives. Les opérateurs téléphoniques qui sont devenus des FAI haut débit (comme Bellsouth) ont déjà dû se conformer à cette loi. C'est le cas de Verizon, qui a accepté de mettre sur écoute une ligne DSL, a reconnu un de ses représentants.

 

Les demandes du FBI obligeraient également les fournissseurs de services VoIP, comme Vonage, 8x8, AT&T et d’autres opérateurs classiques, à se plier à la loi Calea. FWD (Free World Dialup), l'un d'entre eux, préfèrerait avoir à respecter un code de bonne conduite. «Nous avons aujourd’hui l’opportunité de prouver aux autorités policières que nous pouvons le faire volontairement», affirme son fondateur Jeff Pulver. «Si nous légiférons et créons des règles, cela ne fera que compliquer les choses».

 

Les défenseurs de la vie privée ont été surpris par la portée du texte du FBI. Il ne se limite pas aux fournisseurs de services internet à haut débit; il cible également les communications échangées via des messageries instantanées. «Je ne pense pas que cette demande soit raisonnable», commente Marc Rotenberg, directeur de l’Electronic Privacy Information Center. «La FCC devrait sérieusement se demander où le FBI place la limite de son autorité quant à la réglementation des nouvelles technologies. Qu’en est-il des [protocoles de transfert de données] Bluetooth, et même USB?»

 

Les FAI endosseraient seuls le coût financier contre une hausse de leurs tarifs

 

Le représentant du lobby des FAI, Stewart Baker, admet que la proposition du FBI signifie que les services sur IP tels que les salons de discussion (chat) et la vidéoconférence «qui sont "commutés" d’une manière ou d’une autre, seraient traités comme de la téléphonie». Si la FCC donne son accord, poursuit-il, «il va falloir soumettre aux autorités tout nouveau projet de service avant de le commercialiser. Il y aura une sacrée file d'attente, et la politique s’en mêlera. Cela changerait radicalement la manière dont les services internet sont mis sur le marché».

 

Aux termes de la proposition du FBI, les fournisseurs d'accès assumeraient «la seule responsabilité financière du développement et de l’implémentation des solutions Calea», mais seraient autorisés à augmenter leurs tarifs pour couvrir leurs frais.

 

À noter que cette requête officielle a le mérite de la clarté. En 1999, les autorités américaines avaient plus discrètement fait pression sur les ingénieurs de l'IETF, la "task force" qui met au point toutes les normes protocolaires des réseaux IP, pour imposer une sorte de porte dérobée universelle dans le futur standard IPv6. Si les FAI américains ne sont pas tous en conformité, les équipementiers comme Cisco ont depuis longtemps adapté leurs matériel pour tenir compte de la loi Calea (lire l'enquête de ZDNet France de novembre 1999).

 

(*) Lire ce document public daté du 10 mars 2004 (fichier PDF - 820 Ko): http://www.steptoe.com/publications/FBI_Pe...ng_on_CALEA.pdf

 

Source ZDnet

 

Myki

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