Assise au coin de l’âtre de la cheminée monumentale de la cuisine de l'imposante demeure familiale, Neyra couvait d’un œil attendri son Casper. Il lui avait délicatement ravi la parole pour poursuivre la narration de cet invraisemblable et pourtant probable conte de fées moderne à leurs petits-enfants groupés à leurs pieds, buvant littéralement les paroles de l’ancêtre.
Ah, soupira-t-elle, pourquoi donc ont-ils inventé la télévision, alors que ces veillées campagnardes rassemblaient si naturellement les générations en une symbiose tellement harmonieuse qu’elles auraient dû continuer à appartenir pour les siècles des siècles au patrimoine des traditions universelles.
« Ainsi donc, poursuivait Casper pour le plus grand bonheur des petits et des grands, Igor se retrouva le nez dans la farine quand soudain... »