C'est étrange parfois, une image à la télé, un son et voilà votre nuit qui s'écourte, vous ne pouvez pas dormir, car il arrive ça (écrit cette nuit vers 00H30 !)
Parfois je rêve ; éveillé
dans cet amas de corps enchevêtrés
perdus dans la ville.
Mon âme écartelée
s'enfonce timidement.
Et je me prends à imaginer
que je suis mort,
seuls, quelques lambeaux de vie
qu'éructe mon esprit
me rattache parmi vous.
Mais qui s'en soucie ?
Dans la multitude du charnier,
mon enveloppe corporelle
lentement pourrit ;
tandis que mon âme
dans la mansuétude du grand tout
s'élève, purpurine, vers l'immensité éthérée.
Et, mon cœur palpitant faiblement encore
s'étiole dans la boue,
où baigne mon corps
éventré.
Lorsqu'enfin de battre il s'arrête
je ne suis plus qu'un spectre putride
et ma pestilence envahit vos latrines.
Cavées par les charognards (vils corbeaux !),
désormais les orbites vides de mon crâne
contemplent ceux qui sont restés.
Mais je me drape de belle indifférence
devant tant de piètre déférence (Ah les Gueux !)
Au matin mes os sont lavés
par la pluie de l'aube et enfin blanchis par les insectes nécrophages
servent de jouets aux chiens galeux.
Qui de son tibia, qui de son humérus ou de son métatarse !
Tandis que les chats gonflent le dos
et miaule à qui mieux mieux
pour savoir lequel dévorera
la dernière miette de ma cervelle dégoulinante.
Et puis, le soleil achèvera de cuire mes ossements
et le vent les réduira en poussière.
Que cela serait doux de s'éparpiller,
dispersé au gré du gulf stream.
Parfois je rêve ; éveillé.
Et lors je n'ai plus peur de la mort.
Douce compagne.
Comme cela serai tendre éternité ;
plutôt que cette immondice qu'est ma vie !
Ici bas,
ici bas.
Mais je suis vivant !
19 Juillet 2007. 00H30